Favorites Royales

Catherine-Charlotte de Gramont, petite maîtresse de Louis XIV

Fille du duc de Gramont et maréchal de France, Antoine III et de Françoise-Marguerite de Chivré, Catherine-Charlotte naît en 1639. Élevée avec les nièces de Mazarin, elle devient une ravissante jeune femme cultivée, avec beaucoup d’esprit. Avec l’aide du cardinal Mazarin, son père la marie avec le petit-fils  et héritier d’Honoré II, le prince de Monaco. Né en 1642, le jeune homme, Louis Grimaldi, est un garçon timide et ignorant des usages de la cour de France. Aussi, Catherine-Charlotte n’est pas des plus ravies lorsqu’elle l’épouse le 30 mars 1660. D’autant qu’il se murmure à la cour que la jeune femme lui aurait préféré son lointain cousin, le marquis de Puiguilhem et futur duc de Lauzun, amant de la Grande Mademoiselle. Par son union, Catherine-Charlotte devient duchesse de Valentinois. Cela ne change en rien l’opinion qu’elle a sur son mari   dont elle dit : « Je ne l’aime guère, il n’est point à la mode ». Bientôt, Catherine-Charlotte prend des amants, dont le marquis de Puiguilhem. A la cour, la duchesse de Valentinois est très proche de la jeune duchesse d’Orléans, Henriette d’Angleterre. Mais dès l’année suivante, Louis Grimaldi exige que son épouse le rejoigne à Monaco. Le 10 janvier 1662, Honoré II s’éteint et le duc de Valentinois devient le prince souverain Louis Ier. Catherine-Charlotte est désormais princesse de Monaco et se doit de donner des héritiers à la couronne. Elle accomplira fort bien son devoir en ayant six enfants :

– Antoine Ier (1661-1731), duc de Valentinois
– Jeanne Marie  (1662- 1754), religieuse sous le nom de Soeur Louise-Marie-Thérèse
– Aurélie  (1663-1675), Mademoiselle de Baux
– Anne Hypolite (1667-1700), future duchesse d’Uzès
– François Honoré (1669-1748), archevêque de Besançon
– Marie Thérèse (?- après 1691), religieuse
 

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Portrait de Catherine-Charlotte attribué à Jean Nocret

A Monaco, Catherine-Charlotte s’intéresse à la décoration intérieure du château en faisant construire un grand escalier, sur le modèle de celui de Fontainebleau, dans la cour d’honneur. Elle participe également à la fondation d’un couvent de visitandines où ses filles seront élevées. La princesse de Monaco revient à la cour de France en 1664, date à laquelle Henriette d’Angleterre la nomme surintendante de sa maison. Au cours de l’été 1665, Catherine-Charlotte, alors âgée de 26 ans, est remarquée par Louis XIV. En effet, sa maîtresse officielle, Louise de  la Vallière, enceinte, a quitté la cour pour cacher sa grossesse. La beauté de la princesse de Monaco, que l’on dit « fraîche comme un sorbet »  séduit le roi qui en fait sa petite maîtresse. Bussy-Rabutin, un contemporain de l’époque, note : « Quoiqu’il aimât passionnément Mlle de la Vallière, il se sentait épris quelquefois de la beauté de quelques dames, et était bien aisé de satisfaire son envie. C’est ainsi qu’il distingua la princesse de Monaco ». Celle-ci est surnommée « Le Torrent » par les courtisans. Cependant, Catherine-Charlotte ne sera qu’une passade amoureuse pour Louis XIV, qui durera le temps de l’été. Il l’oublie ensuite, retournant à Louise de La Vallière. Témoin de l’aventure entre sa cousine et le roi, le duc de Lauzun en serait devenu jaloux. En 1666, cherchant à se venger de Catherine-Charlotte qui lui avait préféré le roi, il marche sur l’une de ses mains, cachée sous sa robe, alors que la princesse est accroupie. La jeune femme, furieuse, s’en plaint à Louis XIV qui doit intervenir pour que la princesse de Monaco obtienne les excuses “feintes” du duc de Lauzun.
 

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Portrait attribué à Charles Beaubrun


En 1669, le prince Louis Ier arrache son épouse à la cour de France pour Gênes, avant de rejoindre Monaco. L’année suivante, Catherine-Charlotte apprend le décès brutal de son amie, Henriette d’Angleterre. En 1672, le couple Monaco se sépare. De retour à Paris, Catherine-Charlotte entre au service de la nouvelle duchesse d’Orléans, Elisabeth-Charlotte de Bavière, avec qui elle noue des liens d’amitié. Pourtant, la princesse de Monaco n’est plus que l’ombre d’elle-même, minée par la tuberculose osseuse. Bien que séparé d’elle depuis quelques années, le prince de Monaco vient la visiter alors qu’elle se meurt. Catherine-Charlotte décède le 4 juin 1678 à l’âge de 39 ans. Elle est inhumée aux Capucines, à Paris.

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