Histoire et Secrets - découvrir l'histoire de France et du monde - Elisabeth d'Orléans, fille scandaleuse du Régent
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Fille de Philippe II d’Orléans et de Françoise Marie de Bourbon, Marie-Louise-Elisabeth de Bourbon-Orléans dite Elisabeth naît le 20 aout 1695 à Versailles et est titrée Mademoiselle de Valois, couramment appelée "Mademoiselle". Fille préférée du futur Régent, la relation si étroite qui existe entre eux donna naissance à plusieurs rumeurs d'incestes entre le père et la fille. Elisabeth déteste sa mère, Mademoiselle de Blois. Elle lui en veut car à cause d'elle, son sang est souillé puisque Françoise Marie - étant la fille de Louis XIV et de sa favorite la marquise de Montespan- est une légitimée et non une enfant légitime. Plusieurs fois, elle fait souffrir sa mère et encourage son père à lui faire mal. Françoise Marie doit déjà subir les infidélités quotidiennes de son mari et se fait en plus humilier par sa fille. Un jour, Elisabeth ordonne presque à sa mère de lui remettre son collier de perles, ce que Françoise Marie refuse à faire. Mécontente, celle-ci se rend auprès de son père et lui demande le fameux collier. C'est ainsi que Philippe II d'Orléans s'en va faire une scène à son épouse et lui prend presque de force le collier qu'elle tient du roi  pour le donner à Mademoiselle d’Orléans.

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Marie-Louise-Elisabeth d'Orléans (lithographie par Delpech, 1840)
 

Grâce à l’appui de la duchesse de Bourgogne, la duchesse d’Orléans est parvenue à obtenir pour sa fille aînée une union avec le dernier fils du Grand Dauphin, Charles de Berry. Mademoiselle l'épouse le 6 juillet 1710 au grand bonheur de sa grand-mère, la princesse Palatine. Jusqu'à son mariage avec le petit-fils de Louis XIV, Elisabeth s'est efforcée de plaire au roi et à son entourage. Une fois duchesse de Berry, elle entend mener sa vie comme bon lui semble malgré les mises en garde de sa grand-mère. Elisabeth ne souhaite plaire qu'à elle-même et se moque bien des commentaires des courtisans qui la trouvent "folle" et "polissonne". Comme son père le duc d'Orléans, elle est fière de dire qu'elle ne croit pas en dieu. En 1711, la duchesse de Berry est enceinte pour la première fois. Alors que sa grossesse en est à son troisième mois, Louis XIV insite pour qu'elle l'accompagne à Fontainbleau malgré la fièvre dont Elisabeth est victime et les recommandations du médecin royal Fagon. Le bon plaisir du roi passe avant tout ! Fatiguée par le voyage, la duchesse met au monde avant terme d'une petite fille mort-née le 21 juillet, évenement qui ne semble pas contrarier le monarque. La vie du couple Berry ne tarde pas à évoluer dans le mauvais sens. Elisabeth multiplie les scandales, refuse le respect à la dauphine, qui a pourtant oeuvré pour son mariage, et échange des lettres passionnées avec son chambellan, La Haye. Il en résulte entre les époux de violentes scènes. En 1712, Charles de Berry va jusqu'à supplier  Louis XIV "de le délivrer de Mme la duchesse de Berry". Malheureusement, le roi ne peut défaire ce que dieu a uni. Le 26 mars 1713, Elisabeth met au monde avant terme un garçon, baptisé en hâte du prénom Charles et titré duc d'Alençon. On ignore si cette naissance rapproche les parents. Le 16 juin de la même année, le petit prince meurt, victime de sa fragilité et peut être de la consanguinité du duc et de la duchesse qui sont rappelons-le, cousins. Le duc de Saint-Simon relate, dans ses Mémoires, que les parents de l'enfant furent "extrêmement touchés" par la perte du petit prince.

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La duchesse de Berry par François de Troy (vers 1710)
 

Lorsque la mort s’abat sur la famille royale en emportant le Grand Dauphin en 1711, le duc et la duchesse de Bourgogne ainsi que leur fils aîné le duc de Bretagne en 1712, il ne reste plus entre Charles de Bourbon, duc de Berry, et le trône que le petit duc d'Anjou, un enfant de 2 ans de constitution fragile. Ce qui fit même dire à Louis XIV vis à vis de Charles "Il ne me reste que vous". Le duc d'Orléans voit presque sa fille reine de France et même Elisabeth semble ravie de la situation. Malheureusement pour elle, le duc d'Anjou survit et son époux, Charles de Bourbon,  décède  le 4 mai 1714 des suites d'une chute de cheval alors qu'elle est en fin de grossesse. Le 16 juin, Elisabeth met au monde une fille qui reçoit ses prénoms, Marie-Louise-Elisabeth, mais qui ne vit que douze heures. Après la disparition de son époux, la duchesse de Berry n'en continue pas moins sa vie scandaleuse. Elle boit beaucoup d'alcool, se couche tard pour se lever après midi et elle devient boulimique. A la cour, on la désigne sous le surnom de la « veuve joyeuse » car n’ayant jamais aimé Charles de Bourbon, Elisabeth se remet  facilement de sa disparition. Menant une vie de débauche, Elisabeth épouse secrètement le capitaine de sa garde, le chevalier Armand comte de Riom, en 1716. Enceinte de ses œuvres, Elisabeth doit se cacher au palais du Luxembourg pour accoucher en secret en 1716 puis en 1717 d’enfants mort-nés. En 1719, Elisabeth est de nouveau enceinte. Cet accouchement en avril, durant lequel elle met au monde une fille qui ne vivra pas, lui est fatal :  Marie-Louise-Elisabeth de Bourbon-Orléans meurt le 21 juillet 1719 sans recevoir l’extrême-onction que l’Eglise a refusé de lui administrer au vue de sa vie et de ses grossesses scandaleuses. Lors de l’autopsie, les médecins découvre que la duchesse du Berry était de nouveau enceinte alors qu’elle mourait trois mois après la délivrance d’une fillette. Cela fera dire à Michelet qu’Elisabeth s’est «exterminée par des grossesses ». En apprenant le décès de sa fille, il paraît que le Régent se montra soulagé quoique bien triste. En effet, Elisabeth était sa fille favorite mais sa conduite débridée lui faisait bien trop honte et il en avait assez de devoir gérer en plus des problèmes de la France, ceux de sa fille.  



Réactions à cet article

Réaction n°8 

par aerecinski le 20/12/2015 @ 10:05

le Régent et la famille de la duchesse de Berry ne voulaient absolument pas qu'elle épouse Riom, le père supposé du "poupon du Luxembourg" dont accouche la princesse le 2 avril 1719. Une telle mésalliance était une faute bien plus grave qu'un enfant adultérin dont la princesse avait tout fait pour cacher la naissance, même si celle-ci était connue de tout Paris, en particulier à cause du scandale provoqué par le refus des sacrements à l'accouchée à l'article de la mort !  Riom était peut-être aussi le géniteur de l'enfant dont la duchesse accouche en juillet 1717, mais certainement pas de la fille que la princesse met au monde fin janvier 1716, alors que Riom n'est pas encore entré à son service. Heureusement pour elle, ces premières maternités de veuve ne font pas trop de bruit et ne sont connues que par quelques chansons satiriques et de rares sources fiables. C'est uniquement après avoir manqué périr en couches que la duchesse, épouse morganatiquement Riom, en avril 1719 et pas avant... Saint-Simon est très clair à ce propos... Il était bien plus facile de cacher et de nier une grossesse "malencontreuse" que d'entériner une mésalliance. La duchesse de Berry n'était pas Louis XIV et ne pouvait donc se permettre d'épouser le lieutenant de sa garde, un Riom, qui avait pour seul mérite de l'avoir engrossée... Elle devait bien savoir que son vigoureux amant était aussi l'aimé de sa dame d'honneur, la Mouchy... Anton


Réaction n°7 

par Anais_Geeraert le 15/07/2015 @ 10:18
Merci pour vos indications. Cela semblerait effectivement logique que les contemporains de la duchesse de Berry veuillent à tout prix régulariser sa situation martiale au plus vite, ne serait-ce que parce qu’elle est la fille du Régent !

Réaction n°6 

par aerecinski le 09/07/2015 @ 20:00
Certes Anaïs, mais Saint-Simon est le seul vrai témoin des faits qu'il rapporte dans ses Mémoires. Sa femme faisait partie des proches de la duchesse de Berry et lui-même était très proche de son père le Régent ! Lui seul nous fait voir "par le trou de la serrure" la vie intime de la duchesse. De plus certains des meilleurs historiens de la Régence tels Michelet et Philippe Erlanger situent eux aussi le mariage de la duchesse et de Riom après son accouchement de 1719, lorsque se trouvant aux portes de la Mort et se voyant refuser les sacrements de l'Eglise l'accouchée se trouve saisie par la peur du Diable, une peur très réelle à l'époque même pour une femme aussi "libre" que l'était la duchesse de Berry. Les généalogistes ont trop souvent tendance à "inventer" de belles filiations "légitimes" en gommant/oubliant les zones d'ombre...  Et bien entendu les grossesses illégitimes de la duchesse de Berry les dérangent d'où le besoin de la marier au plus vite ! Cordialement

Réaction n°5 

par Anais_Geeraert le 09/07/2015 @ 18:47
Merci pour les précisions que vous apportez. Toutefois, concernant la date du mariage entre la duchesse de Berry et Riom, il n'y a -à ma connaissance - que le duc de Saint-Simon qui avance l'année 1719, la plupart des historiens et généalogistes estimant que leur union a été célébrée autour de l'année 1716.

Réaction n°3 

par AERECINSKI le 09/07/2015 @ 17:23

La duchesse de Berry n'épouse pas Riom en 1716. Principale source historique sur la vie de Cour au temps du Roi Soleil et de la Régence, Saint-Simon nous fait voir « par le trou de la serrure » quelques vignettes hautes en couleur de la vie « courte et bonne » de la duchesse de Berry. Il mentionne clairement que c'est après avoir failli mourir en couches fin mars 1719, que la scandaleuse duchesse épouse secrètement, Riom, son amant en titre, qui tout en l'engrossant est aussi le galant de sa dame d'honneur, la Mouchy. Cet accouchement scandaleux au cours duquel la parturiente à l'article de la mort s'est vue refuser les sacrements par le curé de Saint-Sulpice qui exige d'elle l'expulsion de Riom et de la Mouchy du Luxembourg, incite ces derniers à faire pression sur la princesse pour qu'elle épouse son amant. Physiquement meurtrie par ses couches très laborieuses, honteuse du scandale public et dominée par « la peur du diable », la duchesse imagine qu'un mariage la sauvera du courroux divin et de même, espère annuler l'opprobre de l'opinion publique en faisant rouvrir les portes du jardin du Luxembourg et en se vouant en blanc pour six mois. Saint-Simon précise « Le mariage ne me surprit que médiocrement par cet assemblage de passion et de peur du diable, et par le scandale qui venoit d'arriver. » Après la disparition de son mari, puis de Louis XIV, la jeune veuve s'abandonne à sa voracité sexuelle, jusqu'à sa rencontre avec Riom. Comme le précise Saint-Simon : « Après maintes passades elle s'était tout de bon éprise de Rion ». Mais la passion de la princesse pour ce vigoureux amant, « monté comme un âne » (comme le caractérise La Palatine) ne convertit pas pour autant « la Messaline de Berry » à la monogamie, comme le note à nouveau Saint-Simon (Mémoires, tome 8 1716-1717, éd Didier Hallépée, 2015 p.34) : « une passion qui en moins de rien devint effrénée, et qui dura toujours, sans néanmoins empêcher les passades et les goûts de traverse ». Les grossesses qu'elle dissimule, après la mort de son mari, ne sont donc pas toutes dues aux oeuvres de Riom. Riom n'est certainement pas le géniteur de la petite fille dont se délivre la duchesse de Berry au palais du Luxembourg fin janvier 1716. Cet accouchement clandestin inspire différentes chansons satiriques qui hésitent à identifier le père de ce « poupon du Luxembourg ».... Mais nous en ignorons le père,
Car ils étaient trop à lui faire.
Depuis la mort de son mari,
Cet aimable duc de Berry
O ! reguingué ! oh ! lon lan la !
Pour ne point éteindre sa race,
Elle épouse la populace
...
L'année suivante, ce n'est pas au Luxembourg, mais dans son château de la Muette, que la belle duchesse cache une nouvelle grossesse et accouche. Cette maternité de veuve est confirmée par Arouet qui en parle ouvertement devant un informateur de police, fin avril 1717, précisant que Madame de Berry est allée passer six mois à la Meute [la Muette] « pour y accoucher ». Séjournant à la Muette, et incommodée par son « obésité », la princesse renonce à la chasse et vend ses chevaux de selle. La visite de Pierre le Grand la tire de sa retraite. Le 21 mai 1717, elle reçoit le Tsar de Russie au Luxembourg. Le « surcroît d'embonpoint » de la princesse est rapporté par La Gazette de la Régence : « Mme de Berry y parut puissante comme une tour, quoique d'ailleurs belle et fraiche ». La robe à panier ne parvient plus à dissimuler la grossesse avancée de la duchesse qui a toujours tendance à devenir énorme lorsqu'elle se trouve enceinte. En date du 9 juillet 1719, la Gazette de la Régence précise à nouveau : « Mme la duchesse de Berry ne sort pas de la Muette, où elle est incommodée, devenant si puissante qu'il est à craindre qu'elle ne fournisse pas une longue carrière ici-bas. » Une façon d'exprimer que la féconde princesse va bientôt accoucher ! Fin juillet, selon la Gazette la rumeur court « que la duchesse de Berry étoit à l'extrémité : elle se délivroit d'un enfant » (E. de Barthélemy, Gazette de la Régence, pp. 180,192,196). Dans ses notes au Journal de Dangeau, Saint-Simon fait, en date du 21 juillet 1719, un portrait de la Duchesse dans lequel il évoque sa liaison avec Riom et note : « Elle [Berry] en avoit heureusement dérobé une fille qui a vécu obscure jusqu'après sa mort et qu'elle voulait prendre chez elle. Elle ne se tira pas si bien d'affaire la seconde fois ; elle en pensa mourir à Luxembourg ».


Réaction n°2 

par Chantal le 24/09/2008 @ 20:07
Site très intéressant !
permettez-moi de rectifier pour cet article : "ce que Dieu A uni", et "a duchesse d’Orléans était parvenue à obtenir"


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