Les enfants naturels de Louis XV

06. Anne-Louise de La Réale

Officiellement, Anne-Louise naît de Marguerite Haynault et d’Antoine-Louis de La Réale, ancien officier de cavalerie. Sous ce dernier nom se cache en réalité Louis XV, qui a ici choisi le patronyme révélateur de “Réal” (qui signifie “royal” en espagnol). La fillette, née le 17 novembre 1762, est donc la sœur cadette d’Agnès-Louise de Montreuil. Élevée elle-aussi  au couvent de Chaillot, Anne-Louise  reçoit en août 1774 des lettres de reconnaissance de noblesse. Le 28 août 1780, la jeune fille épouse René-Guillaume, comte de Geslin. De cette union, naissent six enfants dont cinq seront emportés durant l’enfance, au cours de la Révolution Française. Au début de celle-ci, le comte de Geslin émigre, laissant sa femme et ses enfants en France. Sous la Terreur, Anne-Louise et ses enfants sont arrêtés sur ordre du Comité et incarcérés au château de Saint-Germain. De retour en 1795, le comte de Geslin est arrêté à la fin de l’année par les révolutionnaires. Accusé d’être lié aux royalistes, René-Guillaume de Geslin est condamné à mort et guillotiné le 27 décembre. Il ne laisse à Anne-Louise qu’une lettre d’adieux et un fils, unique survivant de leurs six enfants, Edouard-René (1784-1853). Les cinq autres rejetons “n’avaient pu résister aux privations et aux misères de toute nature de cette terrible époque”. 

Portrait supposé de Marguerite Haynault par François Drouais
Portrait supposé de Marguerite Haynault par François Drouais

Libérée à la fin de la Révolution, la comtesse de Geslin se retrouve veuve et ruinée. Au retour de Louis XVIII sur le trône, Anne-Louise écrit à son parent afin de lui demander d’intervenir pour son fils, en souvenir de René-Guillaume de Geslin, qui a toujours fait preuve de dévouement envers la couronne. Edouard-René est ainsi nommé lieutenant en octobre 1814, avant de devenir officier de la Légion d’honneur en 1816 et lieutenant-colonel en 1825. En 1820, le roi reçoit Anne-Louise à l’occasion du mariage d’Edouard-René et lui confie  : “Nous avons privé votre fils de son père, nous lui en tiendrons lieu”, montrant là son désir de s’impliquer dans la vie du nouveau comte de Geslin. Ainsi, Louis XVIII accorde au jeune couple une pension de 4000 livres. Anne-Louise vit alors à Saint-Germain-en-Laye, heureuse de la position de son fils et de son union avec  la jeune Joséphine de Lardemelle, qui lui donnera quatre enfants. Anne-Louise, comtesse de Geslin, s’éteint le 30 avril 1831 à Saint-Germain-en-Laye, l’âge de 68 ans.

pour en savoir plus : “Les bâtards de Louis XV et leur descendance” de Joseph Valynseele et Christophe Brun

 

Partager sur :

FacebookTwitterGoogleEmail this pagePrint this page


Publicités