Histoire et Secrets - découvrir l'histoire de France et du monde - Isabelle de Bourbon-Parme, petite-fille de Louis XV
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Isabelle Marie Louise Antoinette de Bourbon-Parme naît le 31 décembre 1741. Elle est le premier enfant du duc et de la duchesse de Parme, Marie Louise-Elisabeth de Bourbon (fille de Louis XV) et Philippe de Bourbon (fils du roi d'Espagne Philippe V).  L'enfance de la petite Infante n'est pas heureuse. La duchesse de Parme n'ayant que 13 ans lors de l'accouchement, elle néglige sa fille, se trouvant bien trop jeune pour être mère. Très vite, Isabelle étonne son entourage. Enfant, elle  rédige "Remarques politiques et militaires" ainsi que plusieurs textes sur l'éducation des enfants. Elle paraît en avance sur son temps. Elle aime la peinture et fait des copies d'œuvres célèbres telle que "la charité Romaine". Plus tard, Isabelle rédige "Vues sur le commerce" et "Observations sur les prussiens". Elle compose énormément sur la politique, la philosophie, la religion et le féminisme. Isabelle a la particularité de s'intéresser à tout, même au domaine de l’armée, d'ordinaire réservée aux hommes. L'année 1751 lui donne un frère, Ferdinand ( en janvier),  et une sœur, Marie-Louise (en décembre) dont elle s'occupe comme une mère tandis que la duchesse de Parme  s'en retourne en France voir sa famille. Louis XV parvient à fiancer sa petite-fille au futur empereur d'Autriche, Joseph, fils de l'impératrice Marie-Thérèse. Si la mère d'Isabelle est tout d'abord ravie de cette union, elle en devient ensuite jalouse, car sa fille va faire un mariage bien plus prestigieux que le sien. Fille aînée de Louis XV, Marie Louise-Elisabeth n' a épousé que le fils cadet du roi d'Espagne, faute de prétendants . Dès lors, il apparaît clairement que la duchesse de Parme est, et restera, envieuse de sa fille aînée. Elle la laisse orpheline peu de temps avant son mariage, décédant de la variole en 1759, alors qu'elle est à Versailles, auprès de sa famille. 

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L'Infante Isabelle de Bourbon-Parme, par Jean-Marc  Nattier (1748)

 

En Autriche, l'Empereur François-Etienne est opposé au mariage avec la petite-fille du roi de France car ce pays lui a pris jadis la Lorraine. Marie-Thérèse parvient à  faire plier son époux. Le 6 octobre 1760, Isabelle de Bourbon-Parme épouse le futur Joseph II de Habsbourg. Bien vite, Isabelle est déçue par son mari : Joseph est de nature timide, renfermé et se croit l'homme le plus  intelligent du monde . Isabelle parvient néanmoins à se faire aimer - voire adorer - par Joseph, en jouant les épouses soumises et en le conseillant, sans toutefois remettre en doute son intelligence.  L'infante est également d'une grande beauté et à l'art de charmer tout son entourage, à l'exemple de   l'empereur François-Etienne et Marie-Thérèse, laquelle  lui montre bientôt plus d'affection qu'à ses propres filles. Elle voit en Isabelle une future impératrice parfaite, intelligente, bonne et soumise à son mari. Toute la famille semble l'adorer et Isabelle  s'entend fort bien avec la fille préférée de l'impératrice, Marie-Christine, qu'elle nommera toujours Mimi.  Le rôle principe d'Isabelle est de donner un héritier à l'Autriche. Le 20 Mars 1762, Isabelle donne naissance à une fille prénommée Marie-Thérèse, en l'honneur de l'Impératrice. L'accouchement a été difficile et Isabelle a bien failli y laisser la vie. Joseph est fou de joie par cette naissance comme toute la famille impériale. Bien vite, il apparaît, qu'Isabelle est de constitution fragile : elle supporte très mal le froid ainsi que  les longs déplacements de château en château. Fatiguée par le rythme de vie imposée par la cour de Vienne, Isabelle  est souvent en état de faiblesse et fait trois fausses-couches dans les mois qui suivent la naissance de la petite Marie-Thérèse. 

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L'infante Isabelle et sa mère, la duchesse de Parme, par Nattier (1750)

Peu avant d'arriver en Autriche, Isabelle avait reçu de l'archiduchesse  Marie-Christine une lettre pleine de charmes qui l'assurait de son amitié. Isabelle, qui a été privée de l'affection d'une mère ou d'une camarade de jeu du même âge qu'elle, nourrit donc pour sa belle-sœur une adoration avant même de l'avoir vu. A la cour de Vienne, personne n'ignore qu’Isabelle et Marie-Christine sont très proches. Peut-être même trop proches.  Durant toute sa vie, Mimi a soigneusement gardé les lettres d'Isabelle. Dans la famille royale, personne ne connaît alors le contenu de ces lettres. Mais il semble que les deux jeunes femmes soient liées par des sentiments plus qu'amicaux : dans ses lettres à Marie-Christine, Isabelle la nomme  "mon cher ange", "divinités de mon cœur", "ma consolation" . Celles-ci sont parsemées de déclarations d'amour, à l'exemple de celle-ci "je vous aime à l'adoration et mon bonheur est de aimer et d'être assurée de vous".Quant à Marie-Christine, elle reconnait à Isabelle de la bonté, de la générosité, de la compassion. Mimi écrit à Isabelle qu'elle a pour elle une tendresse et une amitié égales à celles qu’Isabelle a pour elle. D'autre part, Isabelle fait parfois des crises de jalousie à Mimi :  "Vous me faite des infidélités " (ici Isabelle reproche à Mimi d'avoir écrit à son frère Joseph !). Mais le caractère de Marie-Christine n'est pas celui d'Isabelle et bien qu'elle l'aime, Mimi est parfois de méchante humeur et se fâche pour un rien, brisant le cœur de sa belle-sœur qui lui écrit par la suite des lettres d’excuses. Il semble qu'un semblant d’homosexualité féminine se déclare entre les deux princesses. Cette situation est difficile à vivre pour Isabelle mais la petite infante a été tellement déçu de son époux. Elle pensait trouver en  un prince charmant, qui pourrait combler le vide affectif dont elle a souffert durant son enfance. La réalité la déçoit.  Joseph est, en contre, fort satisfait de sa femme : il adore Isabelle qui a su toucher le peuple autrichien par sa gentillesse et se félicite  d'avoir une pareille épouse , soumise et  aimée de tous.

Tiraillée par les sentiments qu'elle éprouve pour Marie-Christine, Isabelle songe qu'en aimant ainsi sa belle-soeur, elle se détourne de dieu et de ses devoirs d'épouse. L'épouse de Joseph sombre dans la mélancolie. Lorsque la jeune archiduchesse Jeanne-Gabrielle tombe malade et meurt en 1762, Isabelle écrit avoir la sensation de vivre sa propre mort et que  le ciel aurait la prendre plutôt que sa jeune belle-soeur. Dans ses lettres à Marie-Christine, Isabelle ne parle plus que de sa mort imminente, assure à Mimi qu'elle a peur de la voir mourir et qu'elle serait contente d'être emportée la première.  A chaque lettre, la future impératrice annonce à Mimi que c'est peut être la dernière fois qu'elle lui écrit avant son décès. La destinataire des lettres finit par se moquer des dispositions funèbres de sa belle-sœur.

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Isabelle de Bourbon-Parme, par Jean-Marc Nattier (1758)

 

Le 19 novembre 1763, Isabelle, enceinte, est prise d'une forte fièvre. Le lendemain, on diagnostique la petite vérole. L'impératrice Marie-Thérèse, qui n'a pas eu cette maladie, quitte la chambre de sa belle-fille tandis que Joseph  ne quitte pas son épouse, ayant déjà contracté la petite vérole.  Le 22 novembre, la princesse met au monde une minuscule petite fille baptisée Christine en toute hâte . Elle ne vivra pas deux heures. Isabelle décède, son mari auprès d'elle, le 27 novembre, tuée par la petite vérole et peut-être également par un dernier accouchement éprouvant. Joseph est effondré et s’apitoie sur son sort en écrivant : "il n'y a jamais eu, il n'y aura jamais une telle princesse ni une telle femme et moi j'ai possédé ce trésor et je le perds à 22 ans". Il parle ensuite de son "malheureux métier" qui le contraint à se remarier pour avoir un fils. Marie-Christine, affligée d'avoir perdu Isabelle, en parle ainsi : "j'ai perdu l'amie la meilleure et la plus vraie, cette femme était douée de toutes les vertus, elle a vécu et mourut comme un ange". Personne ne regrette Isabelle comme Marie-Christine qui prend le deuil durant des mois. Toute sa vie, elle se servira d'un livre de prières avec le portrait d'Isabelle sur le dessus. Elle gardera secrètement avec elle toutes les lettres d'Isabelle qu'elle confiera à son époux au moment de sa mort. 

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Marie-Thérèse de Habsbourg, fille d'Isabelle et de Joseph II 


Joseph souhaite rester fidèle à  la mémoire Isabelle mais l'impératrice souhaite le remarier avec Maria-Josépha de Bavière en 1765. Cette seconde union reste stérile et Joseph boude en permanence sa nouvelle épouse, trop attaché au souvenir de la première. Joseph demeure tout particulièrement attaché à sa fille, Marie-Thérèse, également adorée par sa grand-mère l'impératrice. Elle  rappelle Isabelle  à son père et reste le seul lien qui l'unit encore à elle. Hélas, en janvier 1770, la petite Marie-Thérèse est prise d'une forte fièvre. Elle n'accepte nourriture et médicaments que de son père, qui ne quitte pas son chevet tout comme Marie-Christine. La petite archiduchesse décède le 23 janvier.  Dés lors, Joseph se retire dans l'ombre, devenant distant avec tout le monde, cultivant jusqu'à son dernier jour la mémoire d'Isabelle.


pour en savoir plus : "Isabelle de Bourbon-Parme, la princesse et la mort" de Ernest Sanger
   



Réactions à cet article

Réaction n°4 

par Floclva le 06/04/2016 @ 11:51
Très beau site , bien documenté et donc plein d'intérêt pour les passionnés d'histoire , la Grande, celle des personnages qui ont fait la France et qui nous ont laissé un merveilleux patrimoine.

Réaction n°3 

par Dominique le 07/10/2010 @ 15:47
Isabelle de Bourbon-Parme était également une grande musicienne et jouait remarquablement du violon.


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