Histoire et Secrets - découvrir l'histoire de France et du monde - Marguerite de Bourgogne : entre dynastie maudite et guerre de cent ans
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En janvier 1328, le roi Capétien Charles IV le Bel meurt, ne laissant que des filles. La couronne de France va alors à son cousin, Philippe de Valois (fils de Charles de Valois qui était le frère de Philippe IV). Le nouveau roi Philippe VI reçoit en 1329 l’hommage de son cousin le roi d’Angleterre Edouard III (le roi d'Angleterre est alors vassal au roi de France, détenant l'Aquitaine). Sitôt sur le trône, Philippe VI condamne  Robert d’Artois (lointain cousin de Philippe VI)  au bannissement et à la confiscation de ses biens. Ce dernier contestait depuis des années les droits de sa tante, Mahaut d'Artois, sur certaines terres de la famille.  Fou de colère face à la décision royale, Robert d’Artois s'embarque pour l’Angleterre et encourage Edouard III à revendiquer la couronne de France. En effet à Philippe IV le Bel, ce sont succédés ses trois fils : Louis X, Philippe V et Charles IV, tous les trois morts sans laisser d'héritier mâle. Le trône échoit alors au plus proche parent mâle, Philippe de Valois, neveu de Philippe IV. Or, génétiquement, Edouard III d'Angleterre est plus proche de Philippe IV, étant son petit-fils, né d'Isabelle de France. Cependant, la couronne ne pouvant être transmise par une femme, le roi d'Angleterre et d'emblée écarté du trône de France. Robert d'Artois s'emploie à convaincre le jeune Edouard III q'il est le candidat le plus légitime pour prétendre à la couronne de son grand-père. Alors que le roi d'Angleterre est sous pression éclate un conflit avec l’Ecosse : l’Angleterre veut soumettre les écossais mais ces derniers sont soutenus par le roi de France. David Bruce, fils d’un chef opposant en Ecosse, trouve même refuge auprès de Philippe VI. Furieux, Edouard III cesse de vendre la laine anglaise en Flandres. Philippe VI réplique en prononçant en 1337 la saisie de l’Aquitaine. La guerre de Cent Ans commence. En 1340, Edouard III se proclamera roi de France. La guerre qui entrainera plusieurs générations dans le conflit ne prendra fin qu’en 1455.

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Gravures représentants Marguerite de Bourgogne et Louis X


Maintenant que le décor est planté, intéréssons-nous à cette reine qui a, en quelque sorte, permis que cette guerre soit possible. Philippe IV marie ses trois fils avec trois princesses de Bourgogne : Marguerite épouse le futur Louis X et ses cousines, Jeanne et Blanche, deviennent les femmes des futurs Philippe V et Charles IV. En 1314, éclate un scandale : Marguerite et ses belles-sœurs sont accusées d’adultère. Si Jeanne n’est que la complice, Marguerite et Blanche ont toutes deux un amant : il s’agit des frères Philippe et Gautier d’Aunay qui sont condamnés à mort. Les princesses sont emprisonnées. A cette époque, Marguerite de Bourgogne a déjà mis au monde une fille, Jeanne, née en 1311. A la mort de Philippe IV, Louis X devient roi et Marguerite, quoique toujours détenue, est officiellement reine de France. Mais Louis X ne compte pas  rappeler sa femme à ses côtés sur le trône. En 1315, Marguerite est retrouvée morte dans sa prison, probablement assassinée sur ordre de son époux. Louis X convole de suite avec Clémence de Hongrie. Il meurt en juin 1316, laissant la reine enceinte. Un fils naît en novembre :  Jean Ier, qui trépasse quatre jours plus tard. Reste la fille de Louis X et de Marguerite de Bourgogne comme héritière du trône. C’est la première fois que le roi de France meurt sans laisser de fils. Les grands du royaume adopte alors la loi salique,  qui stipule qu’une femme ne peut hériter de la couronne de France sous prétexte qu’elle pourrait l’apporter en dot si elle se mariait. Pourtant, en Navarre, Espagne, Angleterre (…) en l'absence d héritier mâle, la couronne passe à la fille aînée du roi ou à sa cadette si la première-née est morte avant son père. Ainsi, le roi transmet le trône à son fils le plus âgé et, s’il n’en a pas à sa mort, à sa fille la plus âgée. Pourquoi ne pas le faire ainsi en France ? Le "bébé-roi" étant mort, la logique voudrait que le trône aille à Jeanne, issue du premier mariage de Louis X avec Marguerite. Seulement voilà, Marguerite ayant trompé son époux, il n’est pas certain que Jeanne soit la fille de Louis X. La famille royale refuse de mettre sur le trône une  bâtarde. Ainsi est mise en place la loi salique, basée sur un prétexte de dot. C’est donc le frère cadet de Louis X, le comte de Poitiers, qui devient roi sous le nom de Philippe V. Mais à sa mort en 1322, il ne laisse lui aussi que des filles. Le dernier fils de Philippe IV monte alors sur le trône sous le nom de Charles IV. Le roi parvint à répudier sa femme Blanche de Bourgogne et épouse Marie de Luxembourg puis Jeanne d’Evreux. Lorsqu’il meurt en 1328, il laisse deux filles.


Jeanne de France, fille de Louis X et Marguerite de Bourgogne, par Jean Le Noir
 

Philippe VI obtient la couronne car son père, Charles de Valois, était le frère de Philippe IV. En vertu de la loi salique,  Edouard III ne peut réclamer le trône de France. Même si de par de sang, il est plus proche des derniers rois, il y a entre lui et son royal grand-père, une femme, Isabelle de France. Un trône ne pouvant se transmettre que d’homme en homme depuis la loi salique, Edouard III n’a, en principe, aucun droit sur le trône de France. Mais cela ne l’arrête pas et, en tant quepetit-fils de Philippe IV le Bel, il revendiquera toujours la couronne. Si Marguerite de Bourgogne n’avait pas trompé son époux, elle n’aurait pas été prisonnière à vie et aurait pu donner des fils à Louis X. En admettant que le couple n’ait eu que la petite Jeanne, celle-ci aurait pu ceindre la couronne en l'absence d'héritier mâle. Sans la loi salique, à la mort de Charles IV, sa fille aînée serait montée sur le trône. Par la faute de Marguerite de Bourgogne et de son infidélité, une loi a interdit aux femmes de coiffer la couronne de France. Le destin ayant refusé un héritier aux fils de Philippe IV, la France fut plongée dans une guerre interminable.



Réactions à cet article

Réaction n°2 

par sorciere le 16/03/2010 @ 11:18
Quelle histoire, à si peu, la couronne pouvait revenir aux femmes. Mais la loi Salique (qui n'était pas encore nommée loi mais code, ce n'est que bien plus tard qu'elle le sera) n'est pas tant celle qui refuse le trône aux femmes, car à cette époque, elle ne stipulait rien de tel. Cependant cette loi parlait de l'héritage en général et prévoyait " dans la terre salique aucune partie de l'héritage ne peut revenir aux femmes". La terre salique est une terre conquise à la guerre. Les Francs ne voulaient pas que les femmes qui ne s'exposaient pas au combat et ne  pouvaient pas protéger ces terres conquises par leurs époux ou leurs pères puissent  se l'approprient. On déclarera quelques siècles plus tard que la France entière était une terre salique d'où cet ostracisme à l'égard des femmes.
Mais en premier lieu, "la loi salique" était surtout un code civil et pénal, rassemblant un ensemble de règles de la vie de tous les jours et surtout un recueil de peines à infliger en cas de délit ou de crime. Il en ressort un code réglant surtout la vie rurale et on verra avec intérêt la différence de traitement entre les Francs et les Gaulois.


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